On pourrait éventuellement comparer (et modestement) l'itinéraire d'Ulysse à celui du peintre Behi Shamiri : l'un et l'autre unis par le même voyage aux confins de la lumière qui présageait leur retour. De là, dans l'oeuvre de Shamiri, l'alternance des landes sous le vent et des terrasses sous le s0006.jpgoleil.

Mais partout l'arbre est présent, témoin clef, navire immobile, dont la tranquillité de sentinelle et la force de guetteur confirment le peintre dans sa vocation: la description d'un espace sans énigme, mais non sans angoisse mythique.

Sait-on d'où l'on vient, quelle obsession ou quel oubli vous domine, quelle prière ou quel phantasme, quel présage enfin naturel? C'est heureux, la tendresse et son intimité veillent au carrefour, antagonistes de tout autre voyage. Plus d'errance dès lors que l'atelier ou la maison existent et l'abondance rassurante de leurs signes. La présence des objets secrète la douceur de leur essence et la certitude de son double, la mémoire. Aussi bien peut-elle suggérer l'image du Père gardien des rites.

panarea_III_45_x_38_cm.jpgC'est qu'au bout de l'introspection et de sa confidence picturale, surgit la lumière éternellement recommencée. Lumière qui se fait hâvre, repos, arène du peintre ou contre jour du poète. Après que cette lumière a, chez Shamiri, longuement voyagé, la voilà déposée comme une icône dans le silence de l'ombre, regardant le réel avec les yeux dont Baudelaire disait qu'ils avaient sans doute été aimantés par un Ange très savant.

Peut-être pour attirer la douceur des essences dont nous parlions, mêlées de clairs et d'obscurs conjugués. Le peintre n'a souvent pas d'autre vigilance.

Jean PAGET.

observatoire_195_x_150_cm.jpg catania_162_x_130_cm.jpg Fanale_di_Corfu_2010_2.jpg 0005.jpg 0004.jpg 0003.jpg 0002.jpg 0001.jpg stromboli_2.jpg